« Il n’y a pas de malédiction à Montpellier »

Source FFBS: 
« Il n’y a pas de malédiction à Montpellier »

12 mars 2015.


Le point sur la D1 baseball avant l’ouverture de la saison. 5e entretien avec Montpellier.

30Ans

On ne présente plus Montpellier. Les Barracudas sont l’un des piliers de la Division 1, l’un des quatre membres du Top 4 qui domine le baseball français depuis de très nombreuses années.

Pour autant il faut remonter à 1995 pour voir les Barracudas remporter le Championnat et 2006 le Challenge, leur seul et unique titre dans la compétition malgré une finale perdue en 2014.

Une longue traversée du désert pour un club qui, avec huit finales de championnat perdues au compteur, joue malgré lui les rôles de Poulidor du baseball français.

« There is no curse in Montpellier » ou comment un Barracuda ne doute jamais de son potentiel et de sa capacité à de nouveau inscrire son nom au palmarès du Championnat de France.

1995, 2015, le MUC soulèvera t-il de nouveau le trophée 20 ans après ? Ce serait en tout cas un beau cadeau pour fêter les 30 ans du club.


Thomas Meley sur la butte. Montpellier vs Beaucaire, Challenge de France 2014. Photos @ FFBS / Glenn Gervot.

FFBS: En 2014 vous avez terminé premiers de la saison régulière avant de passer à côté des play-offs. Comment expliquez-vous cela et quel impact cela a t-il eu sur le club ?

Jean-Michel Mayeur: « Nous avons fait une très belle saison, prouvant le potentiel de notre groupe. Maintenant, pour remporter un championnat, il faut être solide dans les matchs décisifs. L’an dernier Sénart (comme Rouen les années précédentes) a prouvé qu’elle était la meilleure équipe du championnat en remportant ces matchs là.

Leur groupe était plus homogène avec des joueurs expérimentés capables de faire la différence dans tout l’alignement offensif. De notre côté comme pour le PUC, avec un line-up plus hétérogène, si les meilleurs frappeurs échouaient, le doute s’installait, la confiance vacillait et les lanceurs comme Ciro Silvinio [NDLR: l’ace de Sénart] se frottaient les mains parce qu’ils savaient trouver la faille. Et quand l’ace de Sénart était déterminant pour son équipe, le notre (Will Musson) était blessé…

L’impact sur le club… ?

Chaque année mes joueurs prennent de l’expérience dans ces rencontres de haut niveau et progressent. Mais qu’on gagne ou qu’on perde le club continue d’évoluer, de former des jeunes qui intègreront plus tard l’équipe première et qui continueront à s’investir en tant que bénévoles… comme le font déjà la plupart de nos joueurs de D1. Une victoire peut avoir un impact positif mais le club repose sur des bases tellement saines qu’une défaite si importante soit-elle ne peut l’ébranler. »


Will Musson, pilier sur et en dehors du terrain pour les Barracudas. Challenge de France 2014. Photos @ FFBS / Glenn Gervot.

FFBS: Vous manquez de peu la victoire au Challenge 2014 synonyme de Coupe d’Europe et votre dernière finale de D1 remonte à 2011. Y a t-il une malédiction à Montpellier ?

Jean-Michel Mayeur: «  »(rires). « There’s no curse in Montpellier ». Les paroles de Coach Welling en 2004, entre les 2 week-ends de la finale contre Savigny-sur-Orge [NDLR: Montpellier avait remporté les deux premiers matchs de la série finale à Savigny-sur-Orge avant d’être défaits trois fois de suite à Montpellier]. Depuis le dernier titre en 1995 le club a perdu 8 finales de championnat de France et une finale de Challenge l’an dernier. Au moins, nous sommes probablement leaders dans ce domaine…

J’ai la chance d’évoluer (selon moi) dans le meilleur club français. Qualificatif osé car subjectif me direz-vous mais je fais référence à cette marque de fabrique « Barracudas », à l’histoire d’un club construite au fil des années par le passage de personnalités importantes (joueurs, entraîneurs ou dirigeants : L. Cassier, F. Raynaud, L. Benhamida, G. Hamilton, A. Tyar, G.Gherardi, G. Cros…).

Cette philosophie qui rend chaque joueur et entraineur des Barracudas, qu’il soit ou non issu du club, fier de faire partie de cette famille ! Un ou dix titres de Champion ne peuvent remplacer cette histoire et la force qui nous lie à ce club.

Pour répondre à la question, je ne crois pas à la malédiction !

Je pense que toutes nos finales ont été perdues parce que nous étions moins bons que ceux qui ont gagné…peu importent les raisons, la chance, les multiples « éléments » que nous ne contrôlions pas…nous avons perdu parce que nous n’avons pas su être meilleurs que les autres.

En tant que compétiteurs nous travaillons chaque jour dans l’objectif d’apprendre ou réapprendre à gagner ces matchs décisifs. Les moyens et ressources des autres équipes m’importent peu. Nos résultats ne dépendent que de notre préparation car nous en avons les moyens. »


Rouen vs Montpellier, Challenge de France 2014. Crédit photo FFBS / Glenn Gervot.

FFBS: Que pensez-vous qu’il faille aux Barracudas pour s’imposer dans le quatuor de tête de la D1 ? Quel sera la cru 2015 de Montpellier ?

Jean-Michel Mayeur: « A la différence des autres équipes du Top 4 nous n’avons jusque là pas eu la chance d’avoir les finances suffisantes pour faire venir 3 joueurs étrangers.

Par ailleurs, quand les autres équipes du Top 4 peuvent faire venir d’autres joueurs (étrangers supplémentaires, français internationaux, assimilés) les seules recrues que nous avons ne sont pas rémunérées. Ce sont généralement de jeunes espoirs français que nous proposons d’accompagner dans leur parcours sportif et d’anciens joueurs dont l’expérience peut apporter au groupe. Ce choix n’est pas forcément le meilleur à court terme mais correspond à notre philosophie de maintenir ces bases saines et solides.

Pour la saison 2015 je suis très confiant sur notre capacité à jouer les premiers rôles. Nous enregistrons quelques départs (Didot, Pitcher, Desgouilles, Didier et Thomson), mais pouvons tout de même compter sur quelques retours ou arrivées : Mickael Mengoli (St-Just-St-Rambert), John Haras (Beaucaire), Mathis Guiraud (Montpellier 2) et Guillaume Felices (La Grande Motte).

Sur les joueurs qui restent la polyvalence de Moschetti sera une aide précieuse, la progression du jeune Walter devrait lui permettre d’être un joueur bien plus percutant et le groupe de lanceurs sera encore notre force principale où Langloys, Cros et Meley seront rejoints par les retours d’Andrades et Tyler !

Enfin, nos recrues américaines de 2014 reviennent (Musson et Herrmann) avec leur compatriote champ extérieur Matthew Martin qui jouait ces dernières saisons en Allemagne à Paderborn (Untouchables).

Ce nouveau groupe s’annonce plus solide que l’an dernier…
L’objectif reste la victoire.
Le travail sera la clé. »


Sénart et Montpellier, finalistes du Challenge de France 2014. Photos @ FFBS / Glenn Gervot.