Des nouvelles de Yoan Antonac aux Phillies

Yoan a maintenant signé avec l’organisation des Phillies il y a un peu plus d’un an. Voir ici. Le temps est venu de tirer un bilan après une année somme toute un petit peu galère pour notre jeune barracudas. Mais la motivation est toujours là comme vous allez le lire dans ses réponses. Merci à lui d’avoir pris le temps de nous expliquer cette première année professionnelle.

Tu es parti depuis un an maintenant, comment te sens-tu au sein de l’organisation des Phillies ? Est-ce que cela correspond à ce que tu imaginais avant de commencer ?

Je me sens très bien au sein de l’organisation, les Phillies sont une organisation très stricte et professionnelle, qui est en train de se placer dans la compétition pour les World Series. Cela correspond à ce que j’imaginais mais il a fallu un temps pour s’adapter surtout en raison de ma blessure.

Tu as été obligé de subir une opération. Peux-tu nous rappeler pour quelle raison et nous dire les conséquences que cela a eu sur ton avancement ?

J’ai subi une opération sur mon nerf au coude droit. Il était déplacé, ce qui a engendré un frottement avec mon os qui par la suite a déchiré mon nerf. Je ne pouvais plus sentir mes doigts, il était donc compliqué de lancer. Je savais que mon nerf était en mauvais état depuis un an et demi, j’ai donc décidé de me faire opérer. Cela s’est fait rapidement et facilement étant donné des moyens dont je dispose avec les Phillies. Je n’ai pas lancé de toute la saison mais j’ai recommencé mon programme de lancer depuis un mois et mon premier bullpen est dans quelques semaines.

On imagine qu’il te tarde de pouvoir recommencer à lancer normalement… Et ensuite à jouer… Comment se passent les relations avec tes coéquipiers et tes coaches ? Pas trop de concurrence ?

Il n’y a pas d’amitiés ici juste du business, mais je m’entends très bien avec tout le monde, je parle plus espagnol que français et anglais. Mon pitching coach a gagné 2 World Series avec les Tigers donc j’apprends beaucoup tous les jours.

Crédit photos @ Glenn Gervot FFBS

Quel est ton programme pour revenir à la compétition ? En quoi tes coaches te font progresser ?

Je fais de la rééducation tous les jours, ensuite je lance puis je cours, après musculation et ceci 6 jours par semaine. Mes coaches me font progresser dans tous les domaines mais surtout pour l’utilisation de mes jambes quand je lance et la mécanique. Malheureusement, je ne pourrais revenir à la compétition que la saison prochaine. C’est un peu long mais je n’ai pas eu le choix à cause de mon bras.

On imagine que tu dois être frustré de ne pas pouvoir exprimer ton potentiel à son maximum pour l’instant mais as-tu tout de même l’impression d’avoir beaucoup progressé ? A quoi ressemblent tes journées ?

Oui j’ai beaucoup appris et mûri, j’ai progressé physiquement, je suis arrivé au poids que je souhaitais sans graisse et ma technique a beaucoup évolué. Je me lève à 5h45, je vais au terrain, je déjeune et ensuite je commence l’entraînement, je finis mes journées entre 12h30 et 15h ensuite petite sieste et je mange. Ensuite, regarde le match des Phillies à la télé et je me couche.

Avec le recul, quel regard portes-tu sur ta découverte du baseball aux barracudas puis ton cursus au pôle espoir puis au pôle France maintenant que tu es la-bas à jouer au plus haut niveau international ?

C’est un parcours qui m’a donné goût au travail et qui m’a inculqué les bonnes valeurs en tant que joueur et personne. J’ai les bases pour réussir.

Dernière question Yoan : tu es revenu pour passer et réussir ton bac récemment, en quoi vivre en France te manque un peu (si ca te manque !)?

Les collègues que j’aime me manque bien entendu. Mais après le pays pas trop ça va. Enfin, je mangerais bien un saucisson bien de chez nous quand même ! Parlez français me manque aussi parfois. Mais je me suis bien intégré ici et franchement ça va, je me sens bien et j’avance doucement.

Merci beaucoup Yoan pour le temps pris à répondre aux questions. On rêve tous ici que tu puisses aller le plus haut possible et que les blessures te laissent tranquille. Le baseball français pousse derrière toi.